Nouvelles

Nouvelles

Selon un rapport du Economist Intelligence Unit paru dans le magazine The Economist et intitulé The quality of death — Ranking end-of-life care across the world, le Canada se classe au 9e rang pour la qualité de vie en fin de vie.

On retrouve dans cet article le classement d’une quarantaine de pays. Vous pouvez le lire ou le télécharger sur le site du magazine ou sur celui de The Lien Foundation, organisme philanthropique sans but lucratif de Singapour, commanditaire de l’étude. Sur le plan de la qualité des soins de fin de vie, le Canada se classe au 5e rang alors qu’il est en 27e position pour les coûts des soins de fin de vie. Sur le plan de la disponibilité des soins de fin de vie, il occupe le 9e rang et le 20e en ce qui concerne l’environnement de soins de fin de vie de base.
La mort est inévitable. À un moment ou l’autre, il faudra l’accueillir… Il y a quelques années, j’ai contribué à faire connaître dans les médias l’importance des soins palliatifs à l’hôpital. Mais une nouvelle étape est désormais franchie grâce à la Fondation Jacques-Bouchard, créée à l’initiative de son épouse, Caroline Maranda-Bouchard. Cette Fondation a la particularité de soutenir et d’aider les familles qui désirent accompagner un proche gravement malade à la maison. Ce qui représente, quant à moi, un grand progrès. Car qui veut finir sa vie dans l’anonymat d’un hôpital, aussi accueillant soit-il, quand on peut vivre la fin de sa vie chez soi, entouré des siens, dans un climat familial ?

Jacques Languirand, o.c., c.q.

Depuis à peine quelques semaines j’ai perdu ma conjointe Nicole. Entre l’annonce de la maladie et son départ il y a eu un délai de deux ans. Nous souhaitions que tout se passe à domicile si cela était possible. Pour Nicole, être entourée des siens, dans notre cadre familier avec ses odeurs, dans un décor qu’elle avait elle-même conçu, avec notre nourriture, nos habitudes, était souhaitable. Pour moi aussi je l’avoue et les deux filles ont participé sans aucune hésitation lorsque les soins sont devenus plus exigeants. Il me semblait que d’être près d’elle dans ces moments à la maison était rassurant. J’avais l’impression d’accomplir quelque chose de plus grand que nature… J’accompagnais ma conjointe comme nous le voulions. J’étais là pour elle et elle aussi pour nous, elle nous offrait ses derniers moments. Dans les moments les plus difficiles, elle était où elle le voulait. À bien y penser, on se demandait comment elle faisait pour garder le sourire, le moral. Et bien, je crois que d’être chez elle était un facteur contributif.

J’ai eu l’accompagnement d’un militant, le Dr Robert Marchand. Lorsque j’ai appris qu’il épousait la cause de la Fondation, j’ai vite pris la peine d’examiner les objectifs de celle-ci. Je désire à mon tour passer le témoin à quelqu’un d’autre en mémoire de Jacques-Bouchard et de Nicole Brouillard et des centaines d’autres, pour que ceux et celles qui désirent des soins palliatifs à la maison ne soient pas contraints d’abdiquer pour des raisons de ressources financières, matérielles ou humaines.

Nicole est partie avec un simple cadeau, le plus beau, le dernier que j’ai pu lui offrir celui de l’accompagnement vers un départ digne puisque c’est de cela dont il s’agit. Célébrons la vie en prenant soin de ceux qui nous quittent cela reste un objectif bien noble !… Voilà pourquoi j’épouse les objectifs de la Fondation et je salue chapeau bien bas les gens qui y militent, qui y contribuent et qui encouragent. Merci, pour le cadeau que tu nous as offert, Nicole, nous avons pu apprivoiser ton départ ensemble chez nous. Souhaitons longue vie à ceux qui oeuvrent pour que d’autres puissent en faire autant.

Michel Poirier pour mon amour Nicole Brouillard

15/07/2010

J’aime être à la maison
ce repère, ce lieu,
là où j’aime tant et tous.
Home sweet Home!
Je la regagne toujours avec le même sentiment de réconfort.
Ma maison
je l’aime à mourir

Mon Père est décédé en février dernier,
il a célébré Noel et le nouvel An
au centre hospitalier.
J’aurais tant voulu pouvoir lui offrir autre cadeau
que mon joli bouquet fleuri
celui du retour au bercail
celui de pouvoir humer ses arômes
celui d’être enfin chez lui
avec les siens.

Amis et parents de notre famille
ont ainsi contribué à cette noble mission.
Joanne Vachon

15/07/2015

J’ai travaillé comme infirmière dans les hôpitaux pendant plus de vingt ans, dont deux années en soins palliatifs. Aussi, j’ai fait du bénévolat auprès des mourants à domicile pendant deux ans avec l’Association d’Entraide Ville-Marie. En rencontrant ceux qu’on appelle « les aidants naturels » et ceux qui ont accompagné à domicile un être cher en fin de vie, j’ai pris conscience que pour rendre possible le mourir à domicile, il est nécessaire d’avoir de l’équipement, des soins physiques et de l’aide aux repas. Il est indéniable que l’aspect physique et matériel est primordial, mais ce qui est également extrêmement important c’est le soutien psychologique et spirituel, aussi bien pour les patients que pour les familles : des visites régulières de personnes qui leur apportent un soutien et une compréhension de ce qu’ils vivent, qui leur permettent d’exprimer leurs craintes et leurs questionnements existentiels.

Claude Cornillon-Richard, infirmière

15/07/2015